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Y a-t-il de meilleurs alcools pour la santé? Ce que dit une nutritionniste

Y a-t-il de meilleurs alcools pour la santé? Ce que dit une nutritionniste

Mélissa Henri Dt.P

L'alcool est-il mauvais pour la santé? Une nutritionniste démystifie les meilleurs choix, les mythes et les astuces concrètes pour bien s’y retrouver.

Y a-t-il de meilleurs alcools pour la santé? Ce que dit une nutritionniste

-Mélissa Henri Dt.P

Le Québécois moyen consomme souvent de l'alcool souvent sans se poser trop de questions, que ce soit un verre de vin avec le souper ou une bière pendant l’apéro. Avec les nombreuses affirmations qu’on entend, notamment : «le vin rouge serait bon pour le cœur» ou encore «le gin moins calorique que la bière», il peut être difficile de démêler le vrai du faux. Alors, existe-t-il vraiment de meilleurs alcools pour la santé? Ou sont-ils tous à éviter? On fait le point aujourd’hui.

Peu importe le type de boisson (bière, vin, spiritueux), l'alcool (éthanol) est métabolisé de la même façon par le corps. Il est absorbé rapidement par l'estomac et l'intestin grêle, puis acheminé au foie, où il est dégradé.

Ce processus génère une molécule toxique, l'acétaldéhyde, qui peut endommager les cellules hépatiques (ce sont les cellules du foie) à long terme. C'est pourquoi une consommation régulière et élevée est fortement associée à la stéatose hépatique

(communément appelée «foie gras») et à d’autres complications.

L'alcool est un type de nutriment qui est plus dense en énergie. Il fournit 7 calories par gramme, contrairement à 4 kcal pour les glucides et les protéines. Ainsi, la consommation régulière d’alcool amène souvent un apport énergétique élevé. Il est également important de se rappeler que l’alcool n’apporte pas de bénéfice sur le plan nutritionnel, puisqu’il n’offre ni vitamines, minéraux, ni fibres.

C'est l'une des idées les plus répandues : le vin rouge serait bon pour la santé cardiovasculaire grâce au resvératrol, un antioxydant présent dans la peau des raisins. Cette affirmation mérite toutefois d'être nuancée.

Ce que la science dit vraiment : les études qui associaient une consommation modérée d'alcool à un meilleur profil cardiovasculaire présentaient des biais importants. Les recherches plus récentes indiquent que les bénéfices observés étaient davantage liés au mode de vie global des consommateurs modérés (alimentation variée, stress plus faible, le niveau d’activité physique) qu'à l'alcool lui-même (1).

Pour profiter des antioxydants du raisin, on peut très bien opter pour des raisins entiers, qui apportent en plus des fibres

, qui sont d’autant plus bénéfiques pour la santé du système cardiovasculaire.

Si aucun alcool n'est «santé» au sens strict, certains choix sont plus intéressants que d'autres selon quelques critères nutritionnels. Voici une comparaison des différents alcool, leurs portions, les calories et les sucres

qu’ils contiennent (ici, on parle autant des sucres résiduels après la fermentation de l’alcool que des sucres ajoutés).

Boisson (portion standard)Calories (approx.)Sucres résiduels (approx.)
Bière régulière (341 ml)150 kcal13 g
Bière légère (341 ml)95-110 kcal4-7 g
Vin rouge (150 ml)125 kcal4 g
Vin blanc sec (150 ml)120 kcal3 g
Spiritueux purs (45 ml)95-110 kcal0 g
Coolers / prêts-à-boire200-300 kcal25-40 g
Seltzer alcoolisés (355 ml)100 kcal1-2 g

Les coolers et les boissons prêtes-à-boire (cocktails en canette) sont souvent les choix les moins intéressants sur le plan nutritionnel : ils combinent alcool et une grande quantité de sucres ajoutés. D’ailleurs, leur goût sucré les faisant ressembler à du jus amène souvent à les boire rapidement. Leurs options légères sont toutefois une belle alternative.

Les spiritueux : moins de sucres, mais attention aux mélanges. Le gin, la vodka, le whisky et le rhum à l'état pur ne contiennent pratiquement pas de sucres. Là où ça se complique, c'est dans le verre : mélangés à du jus, du sirop sucré ou une boisson gazeuse sucrée, leur profil nutritionnel change rapidement. Un gin tonic classique, par exemple, peut contenir 150 à 170 calories (50 ml de gin + 150 ml de tonic), soit plus qu’une bière standard. Prendre un tonic diète réduit cependant la quantité de sucre de manière significative.

Astuce pour limiter les sucres : pour alléger un cocktail, optez plutôt pour de l'eau gazéifiée nature comme base, avec une rondelle de citron ou quelques feuilles de menthe pour la saveur. Les boissons gazeuses diète ou le tonic léger peuvent également constituer des alternatives plus légères en sucres.

Année après année, on voit les tablettes d’épicerie se remplir de multiples nouvelles alternatives sans alcool. Les bières sans alcool, les vins désalcoolisés et les mocktails artisanaux permettent de profiter du moment sans l'éthanol.

Attention, sans alcool ne veut pas dire sans sucres! Ce n'est pas une question de privation, mais bien d'un choix parmi d'autres. L'important, c'est de trouver ce qui fonctionne dans son quotidien.

Pour en savoir plus sur comment adopter des habitudes plus durables sans se sentir en mode «régime», notre article sur les 4 étapes pour tenir ses habitudes pourrait vous plaire.

Quelle que soit la boisson choisie, la fréquence et la quantité consommées restent les facteurs les plus importants. Les recommandations actuelles au Canada ont d'ailleurs évolué : depuis 2023, Santé Canada indique qu'il n'existe pas de quantité d'alcool sans risque pour la santé. Le message est donc clair.

Cela dit, l'objectif ici n'est pas de se sentir coupable lorsqu’on prend un verre de temps en temps. Une approche réaliste et durable ressemble plutôt à ceci :

  • Limiter à 1-2 verres maximum par occasion, en espaçant les épisodes de consommation
  • Alterner avec de l'eau entre chaque verre (bonne pratique aussi pour éviter la déshydratation)
  • Éviter de boire de l’alcool à jeun : manger avant ou pendant ralentit l'absorption de l'alcool et limite les pics
  • Choisir des boissons sans alcool ou faibles en alcool (seltzers)
  • Remarquer ses motivations à boire : stress, habitudes sociales, plaisir? La prise de conscience est un premier pas vers un rapport plus équilibré.

Le vin rouge est-il vraiment meilleur que les autres alcools?

Non. Le vin rouge contient des antioxydants comme le resvératrol, mais les quantités présentes dans un verre ne sont pas suffisantes pour «compenser» les effets de l'alcool lui-même. Pour profiter de ces composés, mieux vaut miser sur les raisins, les bleuets ou les framboises, qui en contiennent aussi, sans l'éthanol.

Peut-on consommer de l'alcool en ayant des problèmes de cholestérol ou de triglycérides (dyslipidémie

)?

C'est une question qui mérite une réponse personnalisée. De façon générale, l'alcool peut contribuer à élever les triglycérides, surtout lorsqu'il est consommé régulièrement ou en grande quantité. Si on gère une dyslipidémie, il vaut mieux en discuter avec sa nutritionniste pour adapter ses habitudes en conséquence.

L'alcool fait-il prendre du poids?

L'alcool apporte 7 calories par gramme, ce qui est plus que les glucides ou les protéines. Une consommation accrue augmente les chances d’avoir un apport énergétique supérieur à ses besoins. L’alcool stimule également l'appétit et réduit les inhibitions face aux choix alimentaires. Ce n'est donc pas uniquement l’alcool qui est à surveiller, mais aussi l'ensemble du contexte de consommation (grignotines, repas plus copieux).

Pour changer vos apéro ou vos collations d’après-midi estivales, jetez un coup d’oeil à notre article Comment créer un charcuterie board plus équilibré - 5 étapes faciles.

Existe-t-il des alcools «zéro calorie»?

Non. Tout alcool contient de l'éthanol, qui apporte de l’énergie, soit des calories. Certains produits marketing comme les «hard seltzers light» ou les bières «ultra légères» peuvent réduire les calories, mais ne les éliminent pas.

Quelle est la consommation d’alcool idéale?

La modération suggère un plafond (1 verre par jour pour les femmes, 2 pour les hommes, selon les anciennes recommandations). Boire raisonnablement, c'est davantage être conscient de ses motivations, de son contexte et de l'effet sur son corps. Avec les nouvelles lignes directrices canadiennes, la tendance est moins vers un chiffre précis et plus vers une approche globale et réfléchie.

Pour aller plus loin et adapter ses habitudes alimentaires (y compris en matière d'alcool) à son mode de vie, une rencontre avec une nutritionniste diététiste peut faire toute la différence. Prenez rendez-vous dès maintenant à la Clinique Altitude Nutrition, sur la Rive-Nord de Montréal ou en visioconférence !

Références (1)

Zhao J, Stockwell T, Naimi T, Churchill S, Clay J, Sherk A. Association Between Daily Alcohol Intake and Risk of All-Cause Mortality: A Systematic Review and Meta-analyses. JAMA Netw Open. 2023;6(3):e236185. doi:10.1001/jamanetworkopen.2023.6185

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