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Les 4 plus grands mythes à propos des troubles alimentaires

- Relation avec la nourriture - Écrit par Clara Forget

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), comme l’hyperphagie, l’anorexie, la boulimie et l’orthorexie, sont des troubles de santé mentale sérieux qui affectent de manière importante l’alimentation. Sans accompagnement approprié, les TCA peuvent avoir des conséquences physiques et psychologiques non négligeables. Les hospitalisations pour TCA chez les moins de 18 ans ont d’ailleurs augmenté de 30 % ces dernières années. Malheureusement, les messages véhiculés dans l’espace public renforcent certains préjugés à leur égard. C’est pourquoi on lève aujourd’hui le voile sur les 4 plus grands mythes en lien avec les troubles de la conduite alimentaire.

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Avant de débuter, si vous n’êtes pas familier ou familière avec les TCA ou si vous souhaitez en savoir plus sur ces derniers, nous vous invitons à consulter notre section dédiée au TCA juste ici.

#1 - Les troubles de la conduite alimentaire ne sont que des caprices

Une personne atteinte d’un TCA ne décide pas de devenir malade. Le développement du trouble résulte souvent d’une combinaison très complexe de différents facteurs, sur lesquels nous n'avons peu ou pas de contrôle. Anxiété, abus sexuels, régulation difficile des émotions, sports, événements traumatiques, relation familiale troublée, etc. Les personnes vivant avec un TCA éprouvent généralement une grande souffrance, voire même de la culpabilité et de la honte envers leur trouble.

D’ailleurs, si vous êtes parent et que vous souhaitez mieux accompagner votre enfant à travers son TCA, nous vous suggérons la lecture du livre Le corps pris en otage de Marie-Michèle Ricard.

#2 - Il faut être maigre pour souffrir d’un TCA

Contrairement au stéréotype de la personne très mince qui se regarde dans le miroir, les TCA n’ont pas d’apparence typique. En fait, il s'agit d’à peine 6% des personnes diagnostiquées qui sont considérées en sous poids, avec un IMC inférieur à 18.5. À noter que l’IMC et le poids d’une personne ne sont pas synonymes de son état de santé. Et encore moins d’un TCA!

De plus, de récentes études ont démontré qu’une personne avec un poids plus élevé est 2,45 fois plus susceptible de développer un trouble alimentaire qu’un individu en sous-poids, mais 0,5 fois moins susceptible d’être diagnostiqué en ce sens. C’est grave! Comme quoi le visage des TCA n’est pas unique et qu’il reste encore beaucoup de mythes à déconstruire, et ce, même au sein des professionnels de la santé.

#3 - Les troubles alimentaires ne touchent que les adolescentes

Bien que les troubles alimentaires touchent en majorité les adolescents et jeunes adultes (16 à 26 ans), il est possible de développer un TCA à tout âge. Les hommes sont également touchés par cette problématique : 1 TCA sur 10 est au masculin, le reste étant associé au féminin. Toutefois, la prévalence des TCA chez les hommes est possiblement sous-estimée, puisque les manifestations du trouble peuvent davantage passer sous le radar : activité physique excessive, souhait obsessif de prise de masse musculaire, bigorexie 💡, etc.

Finalement, les premières traces de troubles alimentaires remontent au Moyen Âge… C’est donc dire que tous peuvent être touchés par la maladie, et ce, aux quatre coins du globe!

#4 - La guérison est simple : manger normalement

Les avez-vous déjà entendu? Ces phrases qui sont si répandues, et à la fois si aberrantes?

  • «C’est facile, il suffit simplement de manger plus pour guérir de l’anorexie!»
  • «Une personne qui a des accès hyperphagiques 💡 devrait tout simplement arrêter de s'empiffrer et commencer à mieux manger!»

En réalité, les troubles alimentaires comptent parmi les maladies les plus complexes à traiter, car ils ne concernent pas uniquement la nourriture. Étonnant, non? En fait, le développement d’un TCA est souvent l’expression physique d’une difficulté plus profonde. Les comportements alimentaires ne sont donc que la pointe de l’iceberg. Ainsi, un accompagnement interdisciplinaire en nutrition et en psychologie est essentiel pour améliorer sa relation avec l’alimentation et soi-même. Retrouver de saines habitudes alimentaires est important, mais ne suffit pas à lui seul comme traitement.

Lexique 💡

Anorexie

  • Trouble marqué par une restriction alimentaire excessive et une peur intense de prendre du poids.

Boulimie

  • Trouble impliquant des épisodes de suralimentation suivis de comportements compensatoires (vomissements, jeûne, exercice excessif).

Hyperphagie

  • Trouble caractérisé par des épisodes de surconsommation alimentaire sans comportements compensatoires.

Orthorexie

  • Obsession marquée pour une alimentation perçue comme saine, pouvant nuire à la santé et à la qualité de vie.

Bigorexie

  • Trouble obsessionnel caractérisé par une dépendance excessive à l’exercice physique, souvent liée à un souhait de développement de la masse musculaire.

Vous avez une relation difficile avec la nourriture ou vivez avec un TCA? Vous vous inquiétez pour un de vos proches ayant des comportements inhabituels envers l’alimentation? Chez Altitude Nutrition, notre équipe de nutritionnistes-diététistes est formée au meilleur de la science afin de vous aider à cheminer à travers vos difficultés.

Pour en savoir plus sur comment une nutritionniste peut vous aider, n’hésitez pas à communiquer avec nous dès maintenant!

Clara Forget

Clara Forget

Références

ANEB Québec. (s.d.). Quand la musculation devient une dépendance. ANEB Québec. https://anebquebec.com/troubles-alimentaires/quand-la-musculation-devient-une-dependance

Dell’Osso, L., Abelli, M., Carpita, B., Pini, S., Castellini, G., Carmassi, C. et Ricca, V. (2016). Historical evolution of the concept of anorexia nervosa and relationships with orthorexia nervosa, autism, and obsessive–compulsive spectrum. Neuropsychiatric Disease and Treatment, 12, 1651‑1660. https://doi.org/10.2147/NDT.S108912

Flament, M. F., Henderson, K., Buchholz, A., Obeid, N., Nguyen, H. N., Birmingham, M., & Goldfield, G. (2015). Weight Status and DSM-5 Diagnoses of Eating Disorders in Adolescents From the Community. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 54(5), 403–411.e2. https://doi.org/10.1016/j.jaac.2015.01.020

La FAQ : Version troubles alimentaires (TA) ; une première version, printemps 2023 – ANEB. (s. d.). https://anebquebec.com/troubles-alimentaires/la-faq-version-troubles-alimentaires-ta-une-premiere-version-printemps-2023

Keski-Rahkonen, A. (2024). Eating disorders: etiology, risk factors, and suggestions for prevention. Current Opinion in Psychiatry, 37(6), 381-387. https://doi.org/10.1097/YCO.0000000000000965

Ramaswamy, N., & Ramaswamy, N. (2023). Overreliance on BMI and Delayed Care for Patients With Higher BMI and Disordered Eating. AMA Journal of Ethics, 25(7), E540-544. https://doi.org/10.1001/amajethics.2023.540

Troubles des conduites alimentaires. (s. d.). https://www.camh.ca/fr/info-sante/index-sur-la-sante-mentale-et-la-dependance/troubles-des-conduites-alimentaires

Zeffy. (2024). À bas les troubles alimentaires 2024. Zeffy. https://www.zeffy.com/fr-CA/peer-to-peer/6768b2d3-db46-4ace-8de6-1fc9c5ef6f00